Synthèse des observations biologiques
Les données d’observations biologiques sont une source essentielle d’informations pour identifier des sites à protéger ou à gérer de manière à conserver voire développer leur intérêt pour la biodiversité. Toutefois, la toute grande majorité des données résultent d’observations opportunistes réalisées par des naturalistes bénévoles ou professionnels, amateurs pour certains groupes biologiques ou spécialistes pour d’autres. Seule une fraction des observations font l’objet de programmes d’inventaires structurés géographiquement, méthodologiquement standardisés et répétés dans le temps de manière régulière. On manque en fait depuis très longtemps de moyens ne fut-ce que connaître une partie minimale de la biodiversité en Wallonie.
Difficile dès lors de pouvoir comparer la richesse en espèces entre des sites ou d’analyser l’évolution de populations d’espèces dans ces sites en mobilisant ces données opportunistes non standardisées, même si, grâce la quantité d’observations réalisées, il est possible de tirer des tendances régionales sur des intervalles de temps plus ou moins longs.
Un des critères pertinent d’évaluation de la qualité des données disponibles pour un groupe biologique est le nombre de visites réalisées dans les sites et au cours du temps. On se rend rapidement compte qu’il y a des sites bien plus visités que d’autres, avec une corrélation assez nette entre le nombre de visites, le nombre d’espèces observées ou même le nombre d’espèces protégées identifiées. La figure suivante montre de manière évidente que le territoire n’est pas suivi de manière systématique et qu’il y a des zones bien plus inventoriées que d’autres.
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| Répartition des observations de la flore et de la faune (hors oiseaux) avec les espèces protégées (rouge), les espèces menacées (jaune) et les autres espèces (vert). En arrière plan, les zones protégées (réserves naturelles et UG prioritaires des sites Natura 2000) avec une zone tampon de 100 m. | |
Sur la gauche de la carte, de nombreuses zones protégées montrent des observations d’espèces protégées (symboles rouges) et menacées (symboles jaunes) alors qu’à droite ce sont plutôt des observations d’espèces communes (symboles verts) qui sont observées. Les observations se concentrent notamment dans les zones protégées et à proximité (100 m) : respectivement, plus de 36% et 45% des observations de la flore et de la faune sont réalisées sur moins de 10% du territoire. Les autres « hotspots » sont souvent des jardins de naturalistes.
De nombreux massifs forestiers ou de zones abandonnées, parfois même de grande taille, sont en fait très rarement prospectés alors qu’ils recèlent certainement une biodiversité intéressante. Dans certains cas, le respect de la propriété privée est une explication légitime mais dans d’autres sites, notamment menacés par un statut au plan de secteur permettant l’urbanisation, la coupe de forêts feuillues en zone agricole, la transformation résineuse de forêts feuillues en zone forestière, il serait très utile de disposer d’observations biologiques pour démontrer leur intérêt.
Visualisation cartographique
Le module de visualisation cartographique donne accès à une partie des cartes qui ont été préparée dans le cadre du projet « ResEco ».
Les cartes proposées permettent de visualiser les zones (carrés de 500 m de côté) qui sont plus ou moins prospectées (le nombre de visites réalisées) et le résultat de ces prospections en terme de nombre d’espèces total et d’espèces protégées à partir de l’année 2000 pour la faune et pour la flore.
Méthodologie
Dans le cadre du projet « ResEco », on a pu rassembler l’ensemble des bases de données biologiques disponibles en Wallonie pour la flore et la faune, hors oiseaux. Malgré qu’il représente plus de 80% des observations animales, les oiseaux n’ont pas été pris en compte car les données obtenues sont difficiles à interpréter. Dans beaucoup de cas, il s’agit d’observations sans information sur le comportement de l’espèce : est-ce qu’elle se reproduit sur place, est-elle en migration ou simplement de passage ? Difficile dès lors, sur plusieurs millions de données, de faire le tri entre ce qui peut être une réelle information pertinente pou un enjeu de protection local out juste un oiseau de passage.
On propose ici une première sélection des cartes réalisées pour la flore sur des carrés de 500 m de côté:
- le nombre de visites à partir du premier janvier 2000 (nvisite_flore_2000)
- le nombre d’espèces à partir du premier janvier 2000 (nsp_flore_2000)
- le nombre d’espèces protégées à partir du premier janvier 2000 (nsp_prot_flore_2000)
et pour la faune :
- le nombre de visites à partir du premier janvier 2000 (nvisite_faune_2000)
- le nombre d’espèces à partir du premier janvier 2000 (nsp_faune_2000)
- le nombre d’espèces protégées à partir du premier janvier 2000 (nsp_prot_faune_2000)
D’autres données plus précises par groupe biologique sont potentiellement disponibles.
