Habitats et occupations du sol
La diversité des formes de végétation présentes sur un territoire peut être décrite à travers plusieurs approches complémentaires, notamment les notions de milieux, d’habitats et d’occupation du sol. Les milieux et les biotopes renvoient aux conditions physiques et écologiques (climat, sol, hydrologie) dans lesquelles la végétation se développe. L’occupation du sol, quant à elle, correspond à une lecture plus descriptive et souvent cartographique, basée sur l’usage ou la couverture visible (forêt, prairie, zone agricole, urbaine). Les habitats désignent des ensembles de végétation cohérents où vivent des communautés d’espèces spécifiques, intégrant à la fois la végétation et la faune associée.
Ces différentes appellations traduisent des points de vue complémentaires : écologique, biologique et fonctionnel d’une part, et spatial ou anthropique d’autre part. Leur articulation permet une compréhension plus fine des paysages et de leur dynamique et elles sont très utiles pour synthétiser des enjeux de biodiversité.
Diversité des typologies de l’occupation des sol
Les typologies d’occupation et d’utilisation du sol en Wallonie peuvent être décrites à travers des approches complémentaires, adaptées à des objectifs écologiques et opérationnels.
- Le projet WalOUS distingue clairement occupation du sol (ce qui est physiquement observable : cultures, forêts, bâti…) et utilisation du sol (la fonction ou l’usage : agricole, résidentiel, industriel…). Cette typologie offre une description fine, à l’échelle parcellaire, compatible avec les besoins d’aménagement du territoire. Les données WalOUS d’occupation du sol sont une simple image avec des pixels interprétés en différentes classes d’occupation du sol.
- Les écotopes wallons (LifeWatch) sont construits par une segmentation du paysage en polygones à partir de données de télédétection combinant photographies aériennes, données LiDAR, signature spectrale, structure de hauteur et topographie. Chaque polygone obtenu est ensuite caractérisé selon la proportion des éléments d’occupation du sol identifiés par une classification pixel à 2 m. Les écotopes correspondent ainsi à des unités paysagères écologiquement distinctes, délimitées d’abord par leur structure spatiale puis décrites par leur composition. Ils définissent des unités homogènes utiles pour spatialiser les enjeux de biodiversité et les services écosystémiques, en reliant structure du paysage et fonctionnement écologique.
L’avantage de ces sources d’informations est qu’elles peuvent être produites quasi-automatiquement sur l’ensemble du territoire de manière périodique. Elles dépendent toutefois des sources de données comme les photographies aériennes dont la qualité et la précision peuvent varier en fonction du lieu et du moment de la prise de vue. La qualité de l’attribution d’une classe d’occupation par pixel de WalOUS est de l’ordre de 87% mais elle dépend d’une classe d’occupation à l’autre. Mis à part les forêts feuillues, les classes d’occupation du sol ne permettent pas de bien identifier des zones à enjeux de biodiversité car elles se basent surtout sur le caractère artificiel, la présence de feuillus, résineux, couverts herbacés permanents ou non.
Pour les écotopes, la définition des polygones est très bonne dans les milieux homogènes (zones fortement urbanisées, cultures intensives, …) mais logiquement moins performantes dans les milieux hétérogènes comme les jardins ou des prairies bocagères. Son intérêt majeur est sa capacité à utiliser la texture des images lors du découpage des polygones qui permettent d’identifier des enjeux potentiels de biodiversité en dissociant par exemple des prairies abandonnées, plus humides ou plus sèches, assez hétérogènes des prairies intensives trèshomogènes.
Diversité des typologies de la végétation
Les ensembles cohérents de végétation peuvent être décrits selon plusieurs cadres complémentaires. La phytosociologie repose sur l’analyse des groupements végétaux en fonction de leur composition floristique, permettant de définir des associations et alliances caractéristiques.
La typologie WalEUNIS propose une classification hiérarchique standardisée des habitats en Wallonie, en lien avec le système européen EUNIS habitat classification, facilitant la cartographie et la gestion. La typologie de la Directive Habitats identifie, quant à elle, des habitats d’intérêt communautaire, avec un objectif de conservation à l’échelle européenne. Ces approches diffèrent par leur finalité (scientifique, opérationnelle ou réglementaire), mais convergent pour décrire, comparer et protéger la diversité des végétations.
Pour les mégaphorbiaies (formations de hautes herbes vivaces des milieux humides et riches), les trois approches donnent des lectures complémentaires d’un même ensemble de végétation :
- En phytosociologie, elles sont rattachées à la classe Filipendulo ulmariae Convolvuletea sepium (souvent simplifiée en Convolvuletea), avec des alliances comme les Filipendulion ulmariae, regroupant des communautés dominées par la reine-des-prés (Filipendula ulmaria) ou l’angélique.
- Dans la typologie EUNIS habitat classification (et sa déclinaison WalEUNIS), elles correspondent généralement au type E5.4 – Communautés de grandes herbes eutrophes et mésohygrophiles, qui englobe les mégaphorbiaies riveraines et de lisières humides.
- Au sens de la Directive Habitats, elles relèvent de l’habitat 6430 – Mégaphorbiaies hygrophiles d’ourlets planitiaires et montagnards, reconnu comme habitat d’intérêt communautaire à conserver.
Ces trois typologies décrivent donc un même type de végétation, mais avec des niveaux de précision et des objectifs différents : scientifique, cartographique et réglementaire.
Diversité des typologies de l’occupation des sol
Les typologies d’occupation et d’utilisation du sol en Wallonie peuvent être décrites à travers des approches complémentaires, adaptées à des objectifs écologiques et opérationnels.
- Le projet WalOUS distingue clairement occupation du sol (ce qui est physiquement observable : cultures, forêts, bâti…) et utilisation du sol (la fonction ou l’usage : agricole, résidentiel, industriel…). Cette typologie offre une description fine, à l’échelle parcellaire, compatible avec les besoins d’aménagement du territoire.
- Les écotopes wallons (LifeWatch) sont construits par une segmentation du paysage à partir de données de télédétection combinant photographies aériennes, données LiDAR, signature spectrale, structure de hauteur et topographie. Chaque polygone obtenu est ensuite caractérisé selon la proportion des éléments d’occupation du sol identifiés par une classification pixel à 2 m. Les écotopes correspondent ainsi à des unités paysagères écologiquement distinctes, délimitées d’abord par leur structure spatiale puis décrites par leur composition. Ils définissent des unités homogènes utiles pour spatialiser les enjeux de biodiversité et les services écosystémiques, en reliant structure du paysage et fonctionnement écologique.
Ces deux approches mettent en évidence des niveaux de lecture complémentaires : l’une davantage orientée vers l’écologie et les interactions entre milieux, l’autre vers une analyse précise et fonctionnelle du territoire, utile pour la planification et la gestion.
Visualisation cartographique
Le module de visualisation cartographique donne accès à une carte de synthèse de la cartographie de la végétation qui combine la cartographie détaillée de la végétation réalisée par le DEMNA sur le terrain, majoritairement dans les sites Natura 2000 et parfois en dehors pour identifier notamment les prairies de haute valeur biologique et la cartographie des écotopes version 2022.
A priori, c’est la cartographie détaillée réalisée par le DEMNA qui est prioritaire par rapport à la cartographie des écotopes. Toutefois, la cartographie de la végétation a parfois été réalisée il y a plus de 15 ans et ne correspond plus à la situation actuelle. C’est le cas par exemple de zones qui ont été restaurées dans le cadre de projets LIFE et où des surfaces parfois significatives de résineux ont été remplacées par des milieux naturels ouverts ou forestiers.
Méthodologie
Dans le cadre du projet « ResEco », on a combiné plusieurs fois les informations de la cartographie détaillée de la végétation du DEMNA (dernière version du 25.07.2025) avec la cartographie des Ecotopes (version 2018 – sera mis à jour avec 2022).
La cartographie détaillée du DEMNA se base sur une visite de terrain pour définir les limites d’unités de végétation les plus homogènes possibles et reconnaître un type de végétation selon la typologie WalEUNIS qui est une adaptation wallonne de la typologie européenne EUNIS. Cette typologie sépare les principaux types de végétation en 8 catégories (Eaux de surface (C), Tourbières et marais (D), Pelouses et prairies (E), Landes et fourrés (F), Formations boisées (G), Habitats sans ou avec peu de végétation (H), Habitats régulièrement ou récemment cultivés (I), Habitats construits et industriels et autres habtitats artificiels (J)) est hiérarchique de manière à décrire de plus en plus précisément la végétation.
Toutefois, pour éviter de définir de multiples polygones de petite taille ou parce qu’il y a aussi des combinaisons et des mosaïques d’habitats difficiles à distinguer, la description de ces unités peut mobiliser une logique de « complexe d’habitats WalEUNIS » (voir Dufrene & Delescaille, 2007). Ces complexes peuvent associer différents habitats ouverts (par exemple une tourbière et des landes humides = D1.121+F4.11b), habitats forestiers ou des combinaisons d’habitats ouverts et forestiers ou encore des habitats naturels et anthropiques (par exemple des landes humides sous une plantation d’épicéas = F4.11b+G3.Fbc(c)).
Comme ces complexes parfois hétérogènes représentent un tiers de la surface cartographiée de manière détaillée (soit 253.000 ha) et que le nombre de complexes différents sont très nombreux ( > ), des règles sont proposées pour ne retenir qu’un seul code WalEUNIS considéré comme le plus pertinent sur la base d’enjeu biologique (habitats d’intérêt européen prioritaire versus non prioritaire, habitats naturels versus anthropiques, …).
La cartographie détaillée du DEMNA est ensuite combinée à la cartographie des Ecotopes (version 2018 ou 2022 – à définir) pour disposer d’une cartographie complète de la végétation de la Wallonie avec soit une information cartographique détaillée ou une cartographie simplifiée.